Chapitre 6
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Les fabricants ont fini par convenir qu’ils avaient tout intérêt à casser ce système de vente directe des films aux exhibiteurs, puisque cette condition leur faisait perdre toute maîtrise, tout contrôle sur les destinées du produit qu’ils avaient fabriqué.

En savoir +

Ils ont ainsi résolu de mettre un terme à la vente de leurs films et ont alors adopté un système de location, qui s’est imposé entre 1905 et 1910 (selon le pays). Cette façon nouvelle de faire sonna en retour le glas des exhibiteurs ambulants et annonça l’avènement des salles permanentes de cinéma, qui se consacrèrent dès lors à la diffusion spécialisée du « spectacle cinématographique », au sens où on l’entendait à l’époque. De fil en aiguille, en instituant des lieux spécifiquement consacrés à ce type de spectacle – comme les nickelodeons aux États-Unis –, où l’on allait pouvoir s’adonner à ce nouveau « faire » qui s’instaurait dans la société – celui d’aller au cinéma –, on fidélisait le spectateur. On s’attirait également sa faveur en lui présentant des vues plus complètes, plus complexes et plus achevées que ce à quoi on l’avait habitué jusque-là.

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« Cheap Amusements », article paru le 11 avril 1908 dans Charities and Commons et reproduit dans Richard Abel, The Red Rooster Scare: Making Cinema American, 1900-1910, Berkeley, University of California Press, 1999, p. 75-76.

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