Chapitre 5
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Dans sa généalogie et dans son histoire, devrait-on peut-être dire, mais cela s’avère inutile dans la mesure où, pour nous, la généalogie d’un média est en perpétuelle transformation, d’où il résulte que son identité en tant que média n’est jamais arrêtée définitivement.

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Ainsi de la célèbre School of Cinema-Television de l’USC (University of Southern California), rebaptisée « USC School of Cinematic Arts ».

En savoir +

Notons aussi la tentative (avortée) des responsables des études en cinéma de l’Université de Toronto d’intituler leur nouveau programme de doctorat (2013) « Ph.D. in Cinematic Media ». Le projet d’intitulé n’a pas été agréé et le programme est donc proposé sous le titre plus sage, plus traditionnel et plus « tranquille » de « Ph.D. in Cinema Studies » (voir http://www.utoronto.ca/cinema/PhDprogram.html).  Le concept de « cinematic media » n’a cependant pas été complètement abandonné ; on le retrouve notamment dans la première phrase de la description du programme : « The Ph.D. Program in Cinema Studies fosters a deepened understanding of the complex and interconnected histories of cinema and related media and the challenges that rapidly changing cultural production may present to theorizing the role and nature of cinematic media »), ainsi que dans certains intitulés de cours (« History and Historiography of Cinematic Media » et « Pressures on the Cinematic »). Le résumé du dernier cours vaut la peine d’être cité ici :

This course examines the multiple factors that are shaping the field of cinema studies, especially as pressures exerted on our conception of what constitutes “cinema” are reflected in current scholarly debates. Rapid changes to technology, shifts in delivery systems, diverse spectatorial responses to and uses of cinema, globalization and industrial consolidation – all of these forces work to alter both the nature of cinema as a medium and its social and cultural functions. This course will study how cinema’s protean nature remains a central issue in debates about medium specificity, the role of digitalization, and different viewing communities, among other topics (http://sites.utoronto.ca/cinema/gradcourses.html#CIN2101H).

Nous revenons, au chapitre 6 de La fin du cinéma ?, sur la question des intitulés des programmes universitaires.

Par ailleurs, peu de temps après la parution de La fin du cinéma, François Albera a fait remarquer aux auteurs l’usage en français du mot « cinématique » durant les années 1920 :

Le mot – dont l’origine est scientifique [… –] apparaît en français chez Eisenstein plutôt sous sa forme adjectivale (ainsi dans « Dramaturgie de la forme filmique » en 1929 [Cinématisme, p. 26]). Il circule largement au début des années 1920 chez les théoriciens et critiques du cinéma français comme Canudo, Moussinac ou le Russe émigré André Levinson, etc. Il peut même avoir le sens de « cinématographique » en opposition à artistique […]. Léon Moussinac opposait les arts cinématiques – « plastique mouvante » – aux arts statiques (avant tout la peinture) […].

Toujours selon Albera, le terme désigne, notamment dans « la réflexion esthétique eisensteinienne », un ensemble qui comprend le cinéma, mais qui ne s’y réduit pas. Voir l’essai de François Albera qui accompagne l’ouvrage de Sergueï M. Eisenstein, Notes pour une Histoire générale du cinéma, édition établie par Naoum Kleiman et Antonio Somaini, Association française de recherche sur l’histoire du cinéma, 2013, p. 198, 224 n11.

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